Et ce ne sont que quelques exemples. On a tendance à partager des choses sur nous avec un peu trop d’enthousiasme. Publier sur Facebook qu’on est dans son restaurant préféré, hashtaguer les meilleures bières sur Instagram, tweeter sa rancœur suite au retard d'un train... Pour ne citer que quelques exemples. Si « partager » rime bien avec « aimer » (tout le monde aime les photos de croissants et de chocolats chauds du dimanche matin), vous partagez peut-être un peu trop de choses à votre sujet.

Ne seriez-vous pas en train de semer les réponses à vos questions de sécurité ?

Les questions de sécurité sont assez génériques : le nom de votre première école, le nom de votre premier animal de compagnie, le nom de votre professeur préféré, etc. En général, elles servent à accéder à un compte en ligne en cas d’oubli de nom d’utilisateur ou de mot de passe. Très utile si vous avez une mémoire de poisson rouge (comme beaucoup de monde), mais aussi très pratique pour les pirates. Elles donnent un sacré coup de pouce aux cybercriminels qui observent studieusement les internautes pour identifier les potentielles opportunités et faiblesses qui leur permettraient de gagner de l’argent.

Évidemment, vous n'hurlez pas sur tous les toits les réponses à vos questions de sécurité (si oui, je vous en supplie, arrêtez) mais les pirates peuvent les découvrir de plusieurs façons. Imaginez que vos questions de sécurité pour Paypal soient celles citées plus haut. Premier animal de compagnie, première école, professeur préféré. Maintenant, pensez à ce que vous partagez sur vos réseaux sociaux.

  1. La photo sur Instagram de la première nuit de votre chien Filou à la maison ? Ohhh trop mignon, ses petites pattes et sa petite tête. Ça y est, on sait le nom de votre chien.
  2. Un événement public sur Facebook pour des retrouvailles d’anciens camarades, et une longue liste d’invités ? Vous avez indiqué que vous y participiez ? Ça y est, on sait le nom de votre première école.
  3. Vous avez négligé les paramètres de sécurité de profil sur Facebook ? On parcourt votre liste d'amis publique, on cherche une personne qui est professeur, on filtre.
  4. Et voilà, on a les réponses à vos questions de sécurité. Sur Paypal, on a vidé le compte bancaire associé à votre adresse e-mail, merci pour l’argent et à bientôt.

Oui, on dirait qu’on en rajoute mais c’est tout cela qui facilite l’usurpation d’identité. Pour une version plus dramatique, regardez ce passage du film « Insaisissables ».


Et ces petits quiz rigolos ?

Pour savoir quel type de plat à emporter vous êtes ou quelle carrière vous correspond le plus, ou tout simplement pour répondre à un sondage communautaire sur vos photos de chats préférées. Oui, ils ont l’air innocent, et ils le sont peut-être. Mais avant de publier des informations sur vous, vous devez penser à ce que vous partagez exactement. Vous ne pouvez pas imaginer la valeur de vos données personnelles pour les pirates. Avant de répondre à un quiz sur le plat ou la ville que vous préférez, pensez-y à deux fois. Demandez-vous si cela vaut la peine de donner de telles informations clés sur vous. Parce que si elles atterrissent entre de mauvaises mains, elles pourraient être utilisées contre vous.

Pourquoi le partage de position est risqué

Rien de plus simple que de publier ce qu'on fait et où on se trouve. Annoncez que vous êtes dans ce bar branché, partagez le film que vous êtes en train de regarder, faites une photo du peu d’espace pour vos jambes dans le train... Mais partager toutes ces petites choses du quotidien pourrait mettre votre sécurité en danger. Parce que bien sûr, cela permet à tout le monde de commenter et de partager votre joie, mais vous faites également savoir à tout un tas de gens que vous n'êtes pas chez vous.

C’est simple comme bonjour. Vous vous plaignez de ce train en retard ? Un cambrioleur peut deviner de quelle station vous partez, où vous habitez et, oh, à quelle heure cette grande maison est vide. On exagère ? Malheureusement, non.

Comment vous protéger ?

Tout d’abord, arrêtez de partager des informations personnelles sur vous. Réfléchissez à deux fois avant de publier quelque chose. Avez-vous vraiment besoin d’indiquer où vous êtes ? Pensez à ceux qui peuvent voir vos publications et si celles-ci contiennent des informations personnelles. Protéger vos données personnelles sur les réseaux sociaux en vaut vraiment la peine.

6 conseils pratiques pour éviter le surpartage (« oversharing ») :

  1. Configurez vos paramètres de confidentialité Facebook et vérifiez-les régulièrement pour vous assurer que ce que vous publiez n’est visible que pour vos amis.
  2. Ne partagez pas ouvertement des informations qui vous localisent (ville, date de naissance, numéro de téléphone, etc.).
  3. Choisissez bien vos amis. N’acceptez pas n’importe quelle demande d’ami, même si vous pensez connaître la personne, vérifiez d’abord.
  4. Vous avez hâte de vos prochaines vacances ? Génial. Parlez-en à vos amis de vive voix, pas sur Internet.
  5. Évitez de publier quoi que ce soit sur votre routine. Vous allez à la gym tous les lundis soir avec votre collègue ? Tant mieux pour vous. Inutile de le publier.
  6. Localisation, localisation, localisation. Désactivez cette option. Toujours !

En matière de partage en ligne, ces étapes basiques peuvent vraiment vous orienter dans une direction plus sûre.

Et ce n’est pas tout. Ce n’est pas parce que vous avez un coffre-fort en ligne (lockbox) que vous êtes à l’abri : on peut toujours deviner vos réponses de sécurité à partir de vos informations les plus élémentaires. C'est juste la nature du monde actuel.

Comment sécuriser les réponses à vos questions de sécurité

  • Ne donnez pas la vraie réponse. On ne vous demande pas de dire la vérité. Tout ce qui compte, c'est que vous n’oubliiez pas la réponse.
  • Changez l’orthographe des réponses. Par exemple, au lieu d’écrire « Chien », vous pouvez écrire « cHi1 » ou « chhiEn! ».
  • Utilisez un gestionnaire de mots de passe pour avoir des mots de passe différents et aléatoires pour chacun de vos comptes et enregistrer vos réponses de sécurité en un seul endroit.

Voilà, c'est notre guide pratique sur le surpartage en ligne. Si vous avez trop partagé, on espère que vous suivrez nos conseils. Et si non, bravo ! Bonne navigation !

AVG Secure VPN Essayez-le GRATUITEMENT